MOROCCO: Seeing stars in Marrakech



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by Lydia Beyoud (Global Voices Online)


It's been a star-struck week in the French-speaking Moroccan blogosphere, famous international figures being a primary focus of discussion. Several bloggers wrote about the happenings at the seventh edition of the International Marrakesh Film Festival, most notably on the reception there of American director Martin Scorcese and some famous Egyptian film stars.

Scorcese, a beloved American filmmaker for many cinemaphiles throughout the world, has shown an interest in discovering and promoting awareness of Moroccan culture abroad since the days of Nass al Ghiwane and the filming of his 1988 film The Last Temptation of Christ in various locations throughout Morocco.

Moroccan blogger and festival attendee Le Baroude offers insight into Scorcese's reception and his own general impressions of the festival, including Scorsese's not-to-be-missed “Cinema Lessons. [FR]”

Je ne pouvais toutefois pas manquer la « Leçon de cinéma » donnée par Martin Scorcese samedi, qui restera probablement comme l’un des meilleurs moments de l’histoire des festivals de Marrakech.

Ecouter Scorcese commenter des séquences tirées de ses films est une expérience fascinante. Cet homme respire le génie et exhale un charisme impressionnant. Ceci-dit, nous étions tous tellement ébahis de voir le maître en chair et en os (c’est Scorcese m…) qu’on aurait crié au génie même s’il s’était contenté de nous donner la recette du tiramisu de sa maman. Cependant, Scorcese a été véritablement brillant et captivant. On se dit que les festivals de cinéma n’existent que pour permettre à ce genre d’instants voir le jours.

I just couldn't miss the “Lesson in Cinema” speech that Scorcese gave on Saturday, which will probably remain one of the greatest moments in the history of the Marrakesh festivals.

Listening to Scorsese's commentary on some sequences from his films is a fascinating experience. This man breathes genius and exhales an impressive charisma. That said, we were so dumbstruck at seeing the master himself in flesh and blood (it's Scorcese, holy s***) that we would have called him a genius even if he had just been happy with giving us his mother's tiramisu recipe. However, Scorcese was truly brilliant and captivating. They say that film festivals only exist for these kinds of moments to see the light of day.

Blogger R. Naim also mentioned this lesson and wrote about Scorcese's personal connections with Morocco [FR]:

De sa relation particulière avec le Royaume du Maroc, le metteur en scène américain estime qu'il y était attaché avant même d'y avoir tourné La dernière Tentation du Christ. Un attachement profond puisque à travers sa caméra, le Maroc ira jusqu'à se transformer en Tibet dans Kundun. Chose étrange, mais accidentelle peut-être: ces deux productions tournées au Maroc sont les deux seules oeuvres considérées comme spirituelles par Scorsese. Cette impression est renforcée par son amour de la musique de Nass El Ghiwane, découverte dans Al Hal. Une musique qu'il a finalement utilisée, en accompagnement sonore, dans La dernière Tentation du Christ.

La leçon de cinéma de Martin Scorsese à Marrakech était donc unique mais, à coup sûr, elle risque d'influencer des générations de futurs cinéastes marocains, présents dans cette salle ce jour-là.

As for his particular relationship with the Moroccan Kingdom, the American director believes that he became attached to it even before having filmed The Last Temptation of Christ there. A deep connection since, through his camera, Morocco would go all the way to being transformed into Tibet in [another of Scorcese's films] Kundun. Something quite bizarre but perhaps accidental: these two productions filmed in Morocco are the only two works consider spiritual by Scorcese. This impression is reinforced by his love for the music of Nass El Ghiwane, discovered in Al Hal. A music which he finally used as background accompaniment, in The Last Temptation of Christ.

Martin Scorcese's lesson in cinema in Marrakesh was therefore unique but, for sure, is very likely to influence generations of future Moroccan filmmakers, present that day in the auditorium.

Egyptian film received high accolades when the Marrakesh Film Festival celebrated one hundred years of Egyptian cinema: University professor and blogger R. Naim begins his post on the subject with a lesson in second language learning in Morocco [FR]:

Quelle est la deuxième langue parlée par les Marocains? Le français, faux. L'anglais? Encore faux. La bonne réponse est le dialecte égyptien ! Cette réalité linguistique, somme toute anecdotique, est là pour nous illustrer un fait indéniable: les Marocains adorent le cinéma égyptien, connaissent les films et les acteurs du Nil. Ils peuvent même réciter par coeur les répliques de quelques scènes cultes. Les spectateurs se souviennent, évidemment, des films populaires de Adel Imam et de Faten Hamama. Les plus cinéphiles d'entre eux citent avec enthousiasme les films de Youssef Chahine, Salah Abou Seif ou encore Shadi Abdessalam.

Cette histoire d'amour a vu son apothéose hier au Palais des Congrès à l'occasion de l'hommage rendu par le festival International du Film de Marrakech au cinéma égyptien qui fête son centième anniversaire. 1907, en effet, constitue la date du premier film entièrement égyptien, un documentaire court montrant une visite du Khédive Abbas Hilmi II en Alexandrie. Un siècle plus tard, la famille du cinéma marocain accueille en grandes pompes les stars du 7ème art égyptien et les invite à défiler sur le tapis rouge marrakchi : Nour Al-Sharif, Ezzat Elalayli, Youssra, Boussi, Lebleba, Ahmed Rateb, Elham Shaheen, Waheed Hamed… Que du beau monde !

La tendresse et l'émotion étaient perceptibles chez ceux qui applaudissaient mais également chez ceux qui étaient applaudis. Les vedettes égyptiennes, impressionnés par l'accueil, pouvaient sentir et toucher l'amour du public qui régnait dans le Palais des Congrès. Les spectateurs marocains, eux, étaient aux anges. Ils pouvaient enfin contempler, en chair et en os, les héros et les héroïnes qui ont bercé et continuent à bercer leur imagination.

What is the second language spoken by Moroccans? French? Wrong. English? Still wrong. The correct answer is the Egyptian dialect! This linguistic reality, entirely based on anecdote, illustrates for us an undeniable fact: Moroccans adores Egyptian cinema, are familiar with its films and the actors from the Nile. They can even recite by heart the lines from certain scenes which have cult followings.

This love story saw its apotheosis yesterday at the Palais des Congrès during an hommage given by the International Marrakesh Film Festival to Egyptian cinema which is celebrating its one-hundredth anniversary. 1907 is in fact the date of the first entirely Egyptian film, a short documentary showing a visit by Khédive Abbas Hilmi II to Alexandria. A century later, the Moroccan cinema family welcomes with great pomp and circumstance the stars of the seventh Egyptian art and invited them to take a walk down the marrakshi red carpet: Nour Al-Sharif, Ezzat Elalayli, Youssra, Boussi, Lebleba, Ahmed Rateb, Elham Shaheen, Waheed Hamed… all the stars of Egyptian cinema!

The tenderness and emotion were evident from those who applauded but also from those being applauded. The Egyptian stars, impressed by their welcome, could feel and touch the public's love which reigned over the Palais des Congrès. The Moroccan spectators where themselves in seventh heaven. They could finally contemplate, in flesh and bone, the heros and heroines who nourished and continue to nourish their imagination.

In another post, Le Baroude also gives an insider's perspective on some of the more “behind-the-scenes” aspects of the festival. He wrote about the hunt for coveted color-coded invitations giving access to the highest levels of “VIPage” at the festival, and the depths to which some people sink in order to obtain them [FR].

Avant l’inauguration du festival, le Saint-graal s’appelle « accréditation ». Dans le jargon des festivals, les accréditations désignent ces petits bouts de plastique qu’on porte fièrement autour du cou, et qui donnent accès au palais du Festival.

Mais attention, toutes les accréditations ne se valent pas, et la couleur de la vôtre indique votre rang dans la hiérarchie festivalière. A Marrakech, c’est jaune pour la presse , gris pour les techniciens, bleu pour les professionnels, violet pour les officiels (la classe), blanc pour les « invités »… cette dernière espèce d’accréditation donne surtout droit à se faire discret et à parler poliment aux milliers d’agents de sécurité qui encadrent le Palais des Congrès.

Mais quelque soit la couleur du bout de plastique qui se balance à votre cou, de nombreuses portes resteront fermées devant vous sans la pierre philosophale : le carton d’invitation frappé de l’étoile du festival, vous enjoignant de porter un costume sombre et une cravate, et vous priant d’honorer de votre présence tel ou tel événement.

Certaines personnes ne reculent devant aucune bassesse pour obtenir un de ces précieux cartons. On les voit, comme des pénitents mexicains, se traîner sur les genoux devant le palais des congrès, les cheveux hirsutes et le visage couvert de cendres, accrochés aux basques d’un membre de l’organisation. Ce dernier, épuisé par le stress accumulé depuis le début du festival, apitoyé par tant de détresse, lâche parfois une invitation à l’intention du pénitent, avec dans les yeux ce mélange de compassion et de dédain que devait avoir le Calife Haroun Errachid quand il jetait des pièces d’argent à la foule de Bagdad.

Before the festival's inauguration, the holy grail is called “accreditation.” In festival jargon, the accreditations designate these little pieces of plastic which people wear proudly around their necks, and that give access to the Palais du Festival.

But watch out, not all accreditations are worth something, and the color of yours indicates your rank in the festival hierarchy. In Marrakesh, it's yellow for the press, gray for technicians, blue for professionals, violet for the officials (high class), white for the “guests”, this last being a kind of accreditation which above all gives you the right to be discreet and speak politely to the thousands of security guards who surround the Palais des Congrès.

But no matter what the color of plastic hanging around your neck, numerous doors will remain closed before you without the philosopher's stone: the invitation card embossed with the festival star, inviting you to wear a dark suit and a tie, and requesting that you honor such or such an event with your presence.

Some people don't refrain from sinking to any level in order to obtain one of these precious cards. You see them, like penitent Mexicans, dragging themselves along on their knees in from of the Palais des Congrès, with shaggy hair and ash-stained face, clutching the ankles of some member of the festival organization. The latter, worn out by accumulated stress since the beginning of the festival, pitying such a distressful display, sometimes drops them an invitation to whatever event the penitent is requesting, the same mix of compassion and disdain in their eyes that the Caliph Haroun Errashid must have had when he threw gold coins to the throngs in Baghdad.